Un article qui date un peu (mai 2009) mais je le trouvais vraiment sympa et puis une ptite piqure de rappel ne fera pas de mal à presque 2 semaines du coup d'envoi de la tournée =]
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Bonjour Calogero et bienvenu sur PTiTBloG. Tu
viens de sortir un nouvel album, à la recherche de nouvelles
sensations, de nouvelles expériences ?
Bonjour. Oui, comme toujours j’aime bien bifurquer
tout en restant moi-même, aller chercher de nouveaux horizons, au
niveau des musiques et des textes. L’équilibre difficile est qu’il faut
que ça te ressemble, ne pas être seulement dans une posture.

Tu es allé chercher des auteurs dans des univers très différents ?
Oui, ils n’ont a priori pas le même univers que moi.
Ce qui est intéressant c’est la découverte de l’autre, de gens que tu
ne connais pas et qui ont forcément un avis sur ta musique, avoir leur
point de vue, savoir s’ils vont être inspirés ou pas par ma
musique. C’est ça qui est intéressant. C’est assez intime de confier
mes musiques à des auteurs. Je passe beaucoup de temps sur les
mélodies, pour faire en sorte qu’elles soient émouvantes en y incluant
mes références. Je me mets à leur place, y mettre des mots n’est pas
facile pour l’autre. C’est pour ça que j’ai voulu aller chercher des
auteurs avec qui je n’avais jamais travaillé pour avoir un regard neuf
et chanter de nouveaux mots.
De qui s’agit-il ?
Dominique A a écrit trois chansons, Dick Annegarn en
a fait deux, Marc Lavoine une, Kent a fait le titre de l’album «
L’embellie ». Grand Corps Malade a signé un texte avec Alana Fillipi.
Jean Jacques Goldman a écrit le single « C’est dit ».
Et un auteur Italien !
Piero Pelu, l’ancien chanteur de Litfiba.
On va dire que tous ces auteurs ont raconté
une histoire qui t’a convenu mais tu leur as quand même indiqué ce que
tu voulais dire. Il y a avait déjà des intentions de ta part dans cet
album.
C’est peut être l’album le plus viscéral. J’étais
chargé d’émotions et je savais où je voulais en venir, ce qui n’est pas
toujours le cas. Parfois je fais des mélodies, je me dis on verra bien,
on parlera peut être de ça, ou de ça… Si ce n’est de suggérer des
thèmes, j’ai essayé d’avoir des entretiens avec les gens, de parler
avec eux. Les seuls textes que j’ai mis en musique sont les textes de
Dominique A, avec qui j’ai dû parler une heure. Je lui ai raconté ce
que je vivais sur le moment, pour qu’il puisse sentir un peu à qui il a
affaire. Un mois après j’ai reçu 4-5 textes magnifiques et je les ai
mis en musique.
Revenons un peu en détail sur ces auteurs et
ce qu’ils ont pu t’apporter. Ils ont une couleur. Tu savais à qui
t’adresser, tu connaissais leurs états d’esprit. Prenons Dominique A,
tu es allé chercher quoi chez lui ?
Chez Dominique A, je suis allé chercher sa poésie.
C’est un artiste qui me touche énormément et qui a une manière de dire
les choses avec beaucoup de pudeur et de clarté à la fois, c’est ce que
je suis allé chercher dans ses textes. Ce qui me plait est de faire des
chansons qui restent lisibles, compréhensibles, mais avec quelque chose
de sophistiqué. C’est ça qui me plait, que ce soit à la fois populaire
et sophistiqué. Cet album reflète bien la manière dont je conçois la
musique, plein de gens d’horizons différents qui se retrouvent sur le
même album. C’est comme ça que je conçois la musique. Il y a aussi bien
Kent, Dominique A, Jean-Jacques Goldman que Marc Lavoine, qui sont des
chanteurs très différents. Finalement, que l’on soit derrière un piano
ou le stylo à la main, cela reste des bons auteurs, c’est ça qui
m’intéresse chez eux.
Et il faut raconter une histoire dans toutes ces histoires, qui en découle au fur et à mesure des chansons non ?
Oui, c’est bien s’il y a un fil conducteur. Là le fil
conducteur était « L’embellie ». J’avais envie de chanter un album
lumineux, flamboyant et confortable à écouter. Quand Kent m’a amené le
texte « L’embellie », je savais que lui avait envie d’écrire des
chansons positives. En écrivant des chansons tristes, on peut vite
tomber dans la facilité. Faire des chansons un peu réveillées et
optimistes, c’est déjà plus difficile. C’est un bel exercice. Quand il
m’a donné ce texte « L’embellie », j’ai tout de suite pensé à appeler
l’album « L’embellie ».
Il y a des petits grains de folie, des
chansons écrites par Pierre Lapointe, Dick Annegarn. Pour le coup, tu
as fait appel à des auteurs très particuliers !
Il y a toujours une forme de poésie chez Dick
Annegarn. C’est quelqu’un qui arrive à mettre de la poésie dans les
chansons, c’est assez rare. Je l’ai écouté pendant très longtemps. Il y
a eu un tribute à Dick Annegarn, avec plusieurs artistes qui chantaient
ses chansons. J’avais repris Attila Joszef, qui est une chanson sur un
de ses albums qui s’appelle « Approche-toi ». Je crois que la reprise
lui a plu et ça nous a rapprochés. Je lui ai demandé s’il voulait bien
m’écrire des textes. Il a accepté. Il a une forme de folie et un côté
un peu décalé, qui me va bien. Au départ, je suis allé le chercher pour
une chanson qui s’appelait Peter Pan. Je voulais parler du syndrome
Peter Pan, qui est charmant et pathétique, puisqu’il grandit jamais et
laisse tous ses amis derrière lui. Quand je lui ai parlé du thème, il
m’a dit « mais qu’est-ce que tu faisais quant tu étais petit ? ». Je
lui ai dit que je faisais des conneries. Il m’a dit « Tu volais ? ». «
Oui, ça m’est arrivé de voler ». « On va parler d’un voleur alors ».
J’aime bien ce jeu de ping pong. Pareil pour la chanson qu’il a faite
pour mes filles. J’avais envie d’un souvenir joyeux pour quand elles
seront grandes, qu’elles aient un beau souvenir dans l’album de papa.
Il m’a dit « Tu sais, je ne sais pas si je vais réussir à écrire pour
des enfants… ». Je voulais que ça soit lui, avec en référence des
chansons comme « Mireille », « Sacré Géranium », qui pour moi ont un
côté ludique et enfantin.
C’est très important, parce que pour la première fois tu as écris un texte !
Oui, j’ai écris un texte sur l’album parce qu’il n’y
avait que moi qui puisse écrire celui là, il s’appelle « Je me suis
trompé ». Ça nous arrive à tous de nous tromper, ça nous fait avancer.
C’est une sorte de colère que j’ai mis dans cette chanson et une fois
sorti ça va mieux.
Comment as-tu eu le courage de t’exposer avec cette chanson là ? C’est un état d’urgence ?
Oui, c’est quelque chose qui doit sortir, une
question de tripe. La chanson était courte donc pas trop difficile à
écrire. S’il avait fallu écrire beaucoup de mots je ne l’aurais pas
fait. La chanson dure 2 minutes 30 et tout est dit.
Le premier single, cette chanson écrite par
Jean Jacques Goldman, avec cette chanson très personnelle, plantent le
décor, la toile de fond de l’album. Quelque part, tu nous fais entrer
dans une certaine intimité ?
Oui, la chanson « C’est dit » est une chanson sur
l’amitié. Comme plein de gens, c’est très important pour moi. Malgré
tout ce qu’on peut réussir dans la vie, le pire de tout est de se
retrouver seul. La solitude que l’on n’a pas choisi, c’est ce qu’il y a
de pire. Je suis très heureux d’avoir quelques amis, je n’ai pas
beaucoup de vrais amis, et faire des diners un peu à l’ancienne, comme
Ventura le faisait avec ses potes. J’aime bien faire des pates à mes
amis. La chanson et le clip reconstituent bien ma vie.
Puisqu’on est dans ton studio, il y a une
console derrière, sans rentrer dans des détails techniques, quand
l’inspiration te vient, est-ce que tu as des réflexes, un processus
dans lequel tu te mets à chaque fois ?
Je ne compose pas tout le temps en studio, ça
m’arrive souvent en vacances parce que je m’ennuie très vite. J’aime
bien commencer à rêver à mes futurs projets en vacances. Ça peut
m’arriver n’importe où, c’est ce que je sais faire de mieux, la
musique est ma plume à moi, c’est mon stylo. Il faut que je compose pour me sentir bien.
En l’occurrence, pour cet album, est-ce qu’il y a eu un titre déclencheur de la suite ?
Le titre déclencheur de l’album est « La fin de la
fin du monde », c’est la chanson qui ouvre l’album, ma préférée. Elle a
une espèce de ton, avec ce rythme de tarentelle qui peut donner
l’impression que c’est une nouvelle ère pour moi.
Tu disais « Marche héroïque », c’est un peu l’apaisement ?
Oui, il y a un côté apaisant. C’est aussi comme une
boule de feu, il y a une urgence dans cette chanson, quelque chose qui
avance comme si s’était la fin du monde. En même temps c’est fini, la
fin est passée.
Tarentelle Sicilienne ? C’est bien ça ?
Oui, le rythme est complément sicilien. Ça ne
s’entend pas parce que les arrangements sont très influencés de Divine
Comedy, c’est assez anglo-saxon, mais le rythme est complètement
italien.
Tu aimes bien toutes ces histoires musicales épiques, ce côté pop symphonique ?
J’aime de plus en plus ne pas chanter les refrains,
c’est ce qui se passe dans cet album, il n’y a pas beaucoup de
refrains. Il n’y a que « L’Ombre et la Lumière » dans laquelle il y a
un refrain, sinon il n’y en a pas. Je raconte des choses dans les
couplets et je lance de la musique dans les refrains.
Pour terminer, il y a ce titre en italien, ce
sont un peu les origines qui sont toujours là. On peut imaginer un
disque en italien ? Qu’est-ce que ça provoque chez toi ?
Quand on me demande pourquoi je ne chante pas en
anglais de temps en temps, je préfère chanter en italien, c’est plus
authentique, c’est la langue de mes parents. Ça fait longtemps que
j’avais envie de faire ça mais il fallait que ça soit le bon texte, la
bonne musique. C’est mon frère qui m’a proposé cette petite pièce, on
dirait un mini opéra rock en fait. J’ai essayé pas mal de textes en
français et je me suis rendu compte que c’est une musique qui supporte
vraiment bien l’italien. C’était donc enfin l’occasion de le faire, de
pouvoir chanter en italien, et travailler avec Piero Pelu, avec qui
j’avais déjà travaille un peu, qui est le chanteur de Litfiba. Il m’a
fait ce texte, qui parle de Dracula, « Il Conte ». Je suis assez fier,
j’en ai un peu chié pour l’accent mais je crois que le résultat est
chouette. Ça me touche beaucoup de pouvoir chanter dans la langue de
mes parents.
Sur cet album, « L’embellie », tu adresses un
message à tous ceux qui vont l’écouter dans lequel tu souhaites
l’embellie à tout le monde. On te souhaite une belle embellie sur
scène, et à très bientôt. Merci.
A très bientôt, merci.
Références :
Propos recueillis par THIERRY BAUMANN pour tele-vision.fr et PTiTBloG
Crédit Photo : Benny Valson